Le spécialiste des gilets pare-balles va produire 200 000 masques

L’entreprise bernayenne Protecop s’est lancé depuis quelques jours dans la fabrication de masques en tissu. Un nouveau marché pour cette société spécialisée dans le matériel du maintien de l’ordre.

<< Notre mission : votre protection. >> L’entreprise Protecop a donné un nouveau sens à son slogan durant la crise sanitaire. Leader européen du matériel de maintien de l’ordre, la société bernayenne, qui fabrique d’ordinaire des gilets pare-balles et des tenues vendues dans le monde entier depuis plus de 35 ans, a créé une nouvelle ligne de production dédiée aux masques en tissu.

<<L’envie, on l’a eue tout de suite>>, souligne Emmanuelle Hoebanx, directrice commerciale.

<<On sait coudre, on a des machines, alors on s’est dit que nous aussi nous allions participer à l’effort et apporter notre pierre à l’édifice. >> Pour les machines, il a tout de même fallu trouver des modèles plus petits que celles utilisées tout au long de l’année.

<<On n’a pas l’habitude de faire aussi fin >>, indique Emmanuelle Hoebanx.

<< Les masques, c’est hyper fédérateur >>

Au moment du confinement, les ateliers de Protecop se sont mis en pause et l’équipe de direction est passée en télétravail. De retour dans les murs de l’entreprise, une dizaine de salariées ont manifesté le désir de participer à la nouvelle activité, qu’elle soient modéliste, commerciale, comptable, commerciale, comptable, ou chargée du contrôle qualité.

<< Leur place normalement n’est pas derrière une une machine, mais les masques, c’est hyper fédérateur comme produit et tout le monde était content de revenir, se réjouit Pascale Le Carpentier de Leusse, la présidente à la tête d’une société qui emploie une trentaine de personnes à Bernay. Les gens qui savent coudre auraient été désolés de ne pas pouvoir s’investir. Il y a une telle pression sur les masques, cela aurait été damage.

En moyenne, 700 à 800 exemplaires sont confectionnées chaque jour. L’entreprise est chargée d’en fabriquer 100 000 au total, sachant qu’une partie de la production est faite par la filiale en Tunisie, qui compte 150 employés. Et une autre commande du même nombre est attendue ensuite.

Qui achète tous ces masques? Soucieuse du secret des affaires, la dirigeante garde le mystère… <<Ce client les vend ensuite à des collectivité locales et des grosses boîtes, dont certaines sont du secteur, consent-elle à dire. C’est la première fois que nous sommes en sous traitance. Mais à situation exceptionnelle, réponse exceptionnelle ! >>

<< Et notre partenaire nous fournit le tissu, on n’a pas voulu se battre pour en avoir, car ce n’est pas notre métier >>, ajoute la cheffe d’entreprise.

<< On est dans l’artisanal >>

Au sein de l’atelier, un sens de circulation a été mis en place. Le port du masque et le gel hydroalcoolique sont de rigueur pour pour les couturières, dont les postes de travail sont espacés. << Nos capacités de production sont réduites afin de respecter les consignes sanitaires >>, note Louis-André Le Carpentier, directeur opération reconverti chef d’atelier pour l’occasion. Avant de coudre, il faut chauffer les tissus, blanc ou imprimés, en satin. Et à la fin, tous les masques sont vérifié et emballés en sachet. << On est dans l’artisanal, observe Louis-André Le Carpentier. On coupe des milliers d’élastiques à la main, là ou on en a normalement besoin d’une dizaine.

Face à l’urgence, et pour tenir les délais, l’équipe est venue travailler le jeudi de l’Ascension. Mais que deviennent les équipements de protection fabriqués pour les unités de CRS et de gendarmes mobiles ?
<< On est très loin de notre production habituelle, c’est arrêté en grande partie. Il va falloir qu’on reprenne notre métier >>, sourit Pascale Le Carpentier de Leusse.

Sources de l’article : paris-normandie